04.10.2007
La der des ders,
Salut à tous,
Eh bien voilà, la dernière note pour un bout de temps, je pense. Depuis la dernière fois, bien des choses se sont passées. J’ai retrouvé Elsa à Damas, ça a été un grand moment de se retrouver, bien intense après 7 mois de séparation. Les 3 jours qu’on a eus à Damas ont surtout été pour nous l’occasion de se reconnaître, de retrouver l’autre. Ensuite, Elsa est repartie en bus vers Beyrouth. Je l’ai rejointe en vélo le lendemain.
La route n’a pas été exceptionnelle car c’était une route très passante mais l’arrivée à Beyrouth a quand même été bien impressionnante. En gros, Beyrouth se trouve sur le bas d’une montagne au bord de la mer; ainsi, une dizaine de kms avant la fin, alors que j’étais encore bien en hauteur, j’ai pu apercevoir la grande ville de Beyrouth et la mer derrière, c’était vraiment magnifique. Depuis 10 jours que je suis arrivé, je loge chez Elsa dans la maison de ses parents. Je profite bien de mon temps, je fais pas grand-chose, un peu de visite puis un peu de sieste puis je mange. C’est bien tranquille, je me repose pas mal. Elsa me fait découvrir son pays, on a été a la mer, on ira sûrement ce week-end à l’intérieur du pays dans les montagnes. Les gens sont très sympas ici, hyper accueillants (comme tous les pays du Moyen-Orient que j’ai visités jusqu’ici) et très ouverts; on croise ici aussi bien des femmes voilées que des femmes en méga décolleté, ce mélange est vraiment agréable; on dit du Liban que c’est le pays non pas de la liberté mais des libertés.
Par contre, on peut voir ici beaucoup de stigmates de la guerre et le pays n’est toujours pas très stable politiquement, ils essaient en ce moment d’élire un président; j’essaie de comprendre un peu quels sont les problèmes politiques mais je crois que même les gens ici sont un peu perdus, ce que j’ai pu comprendre, c’est qu’il y un grand melting pot de confessions différentes et que chaque confession veut être représenter, ce qui crée déjà une situation pas facile, mais en plus, le Liban se trouve entre la Syrie et Israël et subit donc de toutes parts des pressions de la communauté internationale. En tout cas, les gens en ont marre de cet état de chose ici et souhaitent vraiment que tous ces problèmes cessent pour pouvoir redevenir un pays libre où il fait bon vivre.
Moi, j’ai décidé de découvrir un peu plus ce pays et je vais donc me poser un petit temps avec Elsa ici. Donc, cette fois-ci, fidèle lecteur, je me dois de t’annoncer avec une grande émotion que cette note est bien la dernière. Mais ne t’inquiète pas, on devrait bientôt se revoir en France…
19.09.2007
No visa, Syria
Rebonjour fidèle lecteur, lectrice et Castro,
Eh bien, me revoilà très rapidement depuis la dernière note. C'est que demain je retrouve Elsa et vous comprendrez donc que je n'aurais plus trop le temps de passer des heures dans ses sordides cafés internet à retravailler ligne par ligne, mot par mot, les tournures et effets de style de mes notes; je décide donc aujourd'hui et avec grand courage de vous pondre la note de la Syrie, qui va vous rassasier d'anecdotes bicyclistes pour un temps, je l'espère car je vais poser mon vélo pour un long moment à Beyrouth et il faudra alors vous passer de ces récits. Trêve de bavardage et venons en aux faits.
Deux jours avant l'anniversaire du plus macabre et incroyable attentat commis aux Etats-Unis, qui a d'ailleurs provoqué un tournant dans les relations entre le monde occidental et le monde arabe, je décide de passer la frontière syrienne. Je sais bien que ces deux évènements n'ont rien à voir, mais ce genre de tournure pourrait plaire à Paris-Match!!! J'avais bien lu dans les guides que seuls les étrangers n'ayant pas d'ambassade syrienne dans leur pays peuvent obtenir un visa à la frontière mais un autre cycliste français m'avait dit à Kathmandu qu'il avait réussi à en obtenir un et je me disais aussi que je pourrais en cas de problème jouer sur le fait que je suis résident au Vietnam (c'est l'adresse qui est indiquée sur mon passeport) et qu'il n'y a pas d'ambassade de Syrie la-bas....
Je passe donc les formalités turques. PAF, c'est tamponné, je peux sortir de Turquie. Le gardien m'ouvre une grille pour que je puisse sortir de Turquie et je me retrouve devant une autre grille, derrière elle la Syrie... Un douanier entrouvre la grille, me demande mon passeport et referme la porte. 10 min après, un gros douanier moustachu vient et m'annonce tout de suite la couleur: "No visa, no Syria". Je prends un visage de circonstance: abattu, dépité et lui réponds qu'on m'a dit qu'on pouvait obtenir le visa à la frontière. Il me répond comme prévu que j'ai une ambassade de Syrie en France, donc ninininin, je lance alors ma terrible réplique: "but Mr, I am living in Vietnam and Vietnam, no syrian ambassy. Look at my passeport!!!" Mais rien à faire, mes supplications sont noyées sous les "no visa, no Syria". Le gars dit au turc de rouvrir sa grille et me dit d'attendre là, il va envoyer un fax à Damas et voir ce que ça donne. Je m'assois en prenant mon visage dans mes mains comme si le ciel m'était tombé sur la tête, mais intérieurement, je sais bien que c'est gagné. En effet, 20min après, il revient et en 25min, je sors du poste frontière le visa en poche!!!
Je peux donc faire mes premiers kms dans ce pays qui m'amènent dans la ville de Qamishle où je mettrai près de 3h à trouver une chambre dans les nombreux hôtels de la ville, tous remplis par l'afflux massif d'irakiens.
Le lendemain, je me lance pour les 750km qui me séparent de Damas. Je vais mettre environ 8 jours pour arriver en traversant principalement le désert.
Mes journées se ressemblaient pas mal les unes des autres mais les soirées ont été encore une fois très riches en évènements. J'ai mis au point en Syrie une technique très fine que j'ai surnommé la technique de l'hospitalité suggérée; c'est une technique qui s'applique ici mais qui ne marcherait peut-être pas aussi bien chez nous. En fait, en fin de journée, je demande à des gens où je peux planter ma tente et dans 100% des cas, ils finissent par m'inviter à dormir chez eux. Ainsi le premier soir, alors que je cherche un endroit pour planter la tente, 2 gars occupés à boire un thé m'interpellent sur le bord de la route, je m'arrête donc et bois un petit thé avec eux. Puis je lance mon assaut en demandant si je peux poser ma tente derrière le magasin. Ils me répondent qu'il n'y a pas de problème et finalement, au bout de 10min, un des gars m'invite chez lui. Il est assez fier de parader avec son français à travers le village jusqu'à chez lui.
Chez lui, il m'offrira un super bon repas et ensuite je partage un lit avec lui dehors tandis que les femmes et les enfants en partagent un autre. Après un bon petit-dej, je suis reparti. Le soir rebelote. Je vois un petit groupe de gens assis en bord de route, je leur demande si je peux planter la tente, je me retrouve à manger avec les 15 hommes du village (les femmes mangent après) et passent une soirée vraiment magique dans un minuscule village au beau milieu du désert. Je fais donc maintenant connaissance avec la fameuse hospitalité arabe : je suis toujours assis sur le meilleur coussin, il y a toujours quelqu'un pour me resservir en thé et desfois j'ai l'impression qu'ils ont envie de me bouffer après, car ils insistent constamment pour que je me gave, me surgave et me reresurgave. D'ailleurs, les deux premiers midis, je voulais me faire un petit sandwich au thon sur le bord de la route mais le problème, c'est que pour trouver de l'ombre, il faut s'arrêter là où il y a des arbres, c'est-à-dire à côté des habitations. Il ne se passe jamais plus de 1min avant que je ne me pose quelque part et qu'on ne me ramène à manger...
Le troisième soir, je suis vraiment fatigué et cette fois ci, je suis bien décidé à dormir sous la tente car même si ces rencontres sont extraordinairement riches et enrichissantes, ça demande beaucoup d'énergie et au bout de quelques jours de vélo et de rencontres, je suis bien fatigué.
C'est alors que le piège de l'hospitalité suggérée se referme sur moi, car il est impossible en Syrie de planter sa tente à côté des habitations. Ce soir là, je commence à planter ma tente et un gars qui parle français (dans un petite village au milieu du désert quand même) insiste pour que je dorme chez lui mais je tiens bon et monte ma tente sous ses tentatives d'invitation. C'est au moment où je vois que les sardines ne s'enfoncent pas dans le sol que je me rends et me rends chez lui.
Je passerai encore, malgré mon manque d'enthousiasme au début, une soirée trop bien. Le lendemain matin, je suis le seul à petit-déjeuner car c'est le début du Ramadan. Le soir, je mange dans un resto puis je plante la tente à côté.
Ensuite, je fais une pause d'une journée dans la ville de Palmyra, il y a des magnifiques ruines qui datent de l'Empire Romain, et je rencontre d'autres touristes. Une petite pause bien sympa.
Ensuite, il me reste 240km que je fais en 2 jours, poussé par des mollets de compétition bien décidés à arriver à Damas. Entre ces 2 jours, je dors dans un hôtel bien original et assez touristique : le Bagdad café. 
Puis me voilà depuis 2 jours ici à Damas où j'attends fébrilement la venue d'Elsa demain!!!
Eh bien voilà pour la note syrienne. Je vous donne rendez-vous bientôt pour vous conter le prochain périple jusque Beyrouth.
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18.09.2007
Le Kurdistan turc
Salut fidèles lecteurs et lectrices,
Tout d'abord, merci pour vos messages de soutien. Pour mes histoires, je visais un peu plus haut : première page du Monde par exemple, mais bon, je me contenterais de Paris Match s'il n'y a que ça....
Ensuite, je vous présente mes plus plates excuses pour le temps que vous avez eu à attendre depuis la dernière note mais depuis l'Iran, je me suis pas beaucoup arrêté et je n'ai donc pas pris beaucoup le temps de coucher sur le clavier ces petites anecdotes.
Je reprends donc à deux semaines en arrière. Je vous avais annoncé alors que je devais partir avec Adi vers la Turquie et je ne vous avais pas menti. Dès le début, on s'est attaqué à de la montagne et dès le début, Adi a galéré. Il a pris un pick-up pour rejoindre la frontière.
La frontière a été traversée en 20min, sans problème et pour la première fois du voyage, je n'ai pas eu besoin de visa. Vive la Turquie! La Turquie, c'était vraiment cool, des montagnes bien vertes, la route suit une petite rivière, un cadre bucolique, idyllique, dont je me délecte beaucoup après le mois désertique en Iran.
Le premier soir, on campe avec Adi aux bords de la rivière, c'est trop chouette, je lui fais goutter ma spécialité : pâtes, ketchup. Le lendemain, on traverse une assez grosse ville dans laquelle j 'achète une carte de la Turquie. Dans cette ville, je redécouvre des femmes habillées à l'occidental, ça fait du bien de revoir des formes et des visages après un mois pendant lequel toutes les formes ainsi que les cheveux sont cachés. Adi ne sait plus où donner du regard, il n'est jamais sorti d'Iran....
Après cette ville, on se remet en route et on va camper pour la dernière fois ensemble car le lendemain, on va se séparer à une intersection, lui ira vers le nord et moi vers le sud. J'ai décidé de prendre la route la plus rapide vers la Syrie, j'ai bien hésité à passer par là, car cette route longe la frontière irakienne, mais j'ai demandé à de nombreux militaires présents sur la route et ils m'ont assuré qu'il n y avait aucun souci.
Après une nuit sous la tente sur un chantier, je salue Adi et lui souhaite bonne chance et nos chemins se séparent. Je me lance sur la route qui est vraiment superbe. Par contre, il y a de nombreux check-points sur la route dans lesquels les militaires contrôlent mon passeport et aussi je peux voir des militaires un peu partout qui surveillent la route. Je continue tout au long de mon chemin à demander si la route est risquée mais on me dit que non, qu'il y a des militaires tout le temps, c'est juste pour contrôler les nombreux kurdes et surtout le parti indépendantiste très controversé : le PKK. En effet, la région n'est habitée pratiquement que par des Kurdes. En fait, les Kurdes sont répartis entre l'Iran, la Turquie, l'Irak et la Syrie, ils sont bien sûr très malheureux de ne pas avoir leur propre pays et je n'en ai pas rencontré un qui ne se plaigne pas de leur situation. Mais même s'ils sont tristes du sort de leur peuple, ce sont des gens très hospitaliers et qui ont une joie de vivre communicative, vraiment impressionnante. Ainsi, le premier soir, j'ai été invité à dormir chez Kassam et je passerai la soirée avec tout le village qui débarque dans la maison.
Une soirée inoubliable, vraiment sympa.
Le lendemain, après un gros petit-dej, je remercie bien mes hôtes et me remets en route pour aller longer la frontière irakienne. Sur la route, de plus en plus de militaires : à un moment, alors que j'approche de l'Irak, un militaire me demande ce que je fais là et me demande si je sais que c'est dangereux. Je m'énerve et lui réponds que je suis là car tous ses collègues m'ont dit qu'il n'y avait pas de problèmes. Il me répond qu'en effet c'est calme et il ne s'est rien passé depuis longtemps, il me dit que je peux continuer mais pas rouler la nuit. Je repars donc, bien moins sûr de moi.
Un peu plus haut dans un village, un gars me dit lui aussi que c'est dangereux. Je décide donc de ne pas continuer à vélo et de prendre un bus ou un camion pour passer toute la zone qui longe l'Irak (120km). Le gars me conseille d'aller attendre à la sortie du village car il y a un check-point et les militaires pourront m'aider à trouver un moyen de transport. Je rejoins les militaires qui sont bien sympas avec moi, ils m'offrent du coca et j'attends avec eux dans la guérite. Ils contrôlent les papiers d'identité de tous les gens qui passent par là. Je dois attendre 3h avant de trouver un pick-up qui peut m'emmener à Sirnak, à 120km de là. Je monte dans le coffre avec mon vélo, c'est cool, j'ai les cheveux au vent et je peux profiter de la route qui est vraiment jolie. On monte un col puis on redescend et à une intersection, le gars s'arrête et me fait comprendre que je peux descendre car il va à droite et moi, je dois aller à gauche. J'hallucine, on a fait à peine 30km depuis le poste de contrôle, il reste donc 90km et je suis au milieu de rien dans la montagne, à quelques kms de l'Irak dans une région infestée de militaires. Je refuse de descendre de voiture et la situation est bien pourrie car lui n'ira pas à Sirnak et moi je ne descendrai pas de sa voiture, là.
Heureusement, des militaires passent à ce moment là et l'un d'eux parle anglais, il cherche une solution. Il me propose après discussions avec le chauffeur que j'aille dormir chez le chauffeur et le lendemain, il me conduira à Sirnak. Ca me réjouit pas à mort d'aller dormir chez le gars, mais j'ai pas vraiment le choix. On s'apprête à partir mais à ce moment là, un camion arrive, le militaire l'arrête et me dit que sinon je peux aller en camion jusqu'à 40km de Sirnak et après, ça sera pas dur de trouver un autre camion pour Sirnak. Allez hop, c'est parti, je change de chauffeur. On continue la route et on arrive à cette partie de route qui longe vraiment l'Irak, en gros de l'autre côté de la rivière, à environ 15m, c'est l'Irak. Cette zone est infestée de militaires. Dans un check-point, j'ai le droit à un interrogatoire (le gars se demande ce qu'un touriste fout là), à la fouille de mes bagages et ils veulent prendre mes rouleaux de pellicules. Ca m'énerve trop, je lui dis qu'on m'a rien dit pour les photos et si je suis là, c'est à cause des militaires qui m'ont dit qu'il n y avait aucun problème. Heureusement, ils renoncent à prendre les pellicules.
Une fois tout ça terminé, on remonte en camion et mon pote chauffeur commence à me raconter comment les militaires leur rendent la vie dure. Il est chauffeur de camion et se fait tout le temps contrôler, il y a des militaires partout mais il me dit "terrorist? terrorist? where terrorist? kurdisch, no terrorist. Turquish terrorist." Je suis pas vraiment au courant de la situation sur place mais vue la gentillesse de tous les kurdes que j'ai rencontrés et les difficultés qu'on leur fait, je penche vraiment pour l'avis du chauffeur et je me dis que ces contrôles sont vraiment disproportionnés. Le gars se plaint, je vois vraiment que ça lui cause beaucoup de malheurs puis d'un coup, il lève la main et balaie tous ces problèmes du revers puis met une cassette de dance en me regardant avec un énorme sourire et en remuant la tête. Je les aime de plus en plus ces kurdes...
La nuit finit par tomber, le chauffeur veut m'inviter à manger, je le remercie mais je préfère ne pas traîner car je ne sais pas encore comment je vais arriver à Sirnak. Le gars me dit qu'il m'aurait bien invité chez lui mais ça lui créerait des problèmes. Il va acheter du raisin et du coca. Mais ça ne suffit pas, il faut qu'il me donne plus, d'un coup il allume la lumière de la cabine et me propose sa chemise qui est accrochée derrière, je pars dans un énorme fou rire et le remercie en disant qu'il m'a déjà beaucoup donné. 20min après, il rallume la lumière de la cabine pour me filer 20 livres turques (environ 15euros), je refuse 5 fois mais il insiste, j'accepte donc et les cache sous le raisin pour qu'il les récupère quand il sera chez lui (seul moyen de résoudre cette affaire). On finit par arriver à une intersection, lui part à droite et moi je dois aller vers la gauche. J'attends alors avec les militaires mon prochain moyen de locomotion, une camionnette arrive rapidement, j'embarque mon vélo pour les 40km qui me séparent de Sirnak. A sirnak, je trouve enfin un hôtel et m'allonge sur mon lit en repensant à la journée de malade que je viens de passer.
le lendemain, je reste la journée là-bas pour me poser un peu, j'en profite pour jouer au foot le soir. Le match est vraiment trop marrant, c'est un vrai spectacle sur le terrain : les gars jouent pas trop mal mais les kurdes sont vraiment des gens trop fiers pour jouer ensemble, en gros les gars adorent marquer des buts donc la plupart attendent devant pour pouvoir tirer un gros shoot pour marquer; par contre, quand un but est marqué contre notre camp, tout le monde s'engueule et se rejette la faute et se reproche ou d'avoir mal fait une passe ou d'être mal placé et en particulier, moi car je suis le seul à l'arrière.
Ensuite, il me restait deux jours un peu moins sympas pour rallier la frontière syrienne. Un peu moins sympa car j'ai quitté la montagne toute verte pour revenir dans la plaine désertique.
Le premier soir je demande à un pompiste si je peux planter ma tente derrière la pompe, le gars me dit que je peux dormir là-haut. On passe la soirée ensemble, il me cuisine des bonnes pâtes, c'est bien tranquille puis quand il me montre ma "chambre", on ne s'arrête pas au premier étage comme je pensais, mais on va sur le toit où se trouve un lit. je suis bien heureux finalement d'avoir comme plafond les étoiles. Le lendemain, je dors dans un hôtel dans la ville frontalière avec la Syrie,
Voilà pour la Turquie. J'aurais vraiment fait une courte étape dans ce pays et je n'ai même pas du voir 1% de ce qu'il y a à voir mais je suis bien content d'avoir vu cette zone bien intéressante du Kurdistan turc et les kurdes m'ont tous assuré qu'ils étaient trop contents de voir des touristes et qu'ils regrettent de ne pas en voir plus. Ca peut donc te donner des idées pour un prochain voyage, cher lecteur....
Dans le prochain épisode, vous verrez comment je rentre en Syrie malgré la réplique du douanier :"no Syria, no visa", comment je course les chiens et découvrirez avec moi la population arabe.
Plein de bonheur chez toi, lecteur.
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06.09.2007
La fin de l'Iran en star de l'art
Cher lecteur,
C'est avec une grande dose de courage que je m'attaque à cette note car j'ai accumulé un retard que je vais devoir combler immédiatement, sous peine de me laisser déborder.
Reprenons à il y a deux semaines en arrière. J'étais encore jeune et en bonne santé et j'allais quitter Kermanchah pour me diriger vers Orumye. ville frontière avec la Turquie. J'ai eu la surprise et la grande chance de croiser le premier jour deux cyclistes iraniens qui eux aussi rejoignaient Orumye pour aller assister à un festival international (des nations islamiques) d'arts visuels.
Je sympathise vite avec les deux, il y a Adi qui est journaliste et qui veut écrire un roman, il parle un peu anglais et Ismahel, chorégraphe et danseur moderne, lui par contre sait à peine quelques mots d'anglais. On décide rapidement de rouler ensemble. On rejoint une ville à midi dans laquelle on se fait un petit resto. Ma vie va bien changer en Iran grâce à eux, en particulier du point de vue gastronomique... Moi, qui ne connais que le mot kebab dans les restos, je vais bien apprécier de manger d'autres trucs. Mais bon, quand même la gastronomie iranienne est assez basique et les plats ne sont pas très variés, en gros, c'est simple mais c'est quand même bon.
Donc, on mangé ensemble, puis ils me disent qu'il ne faudra pas repartir car ensuite ça grimpe sévère et il y a des loups dans la montagne. Ca me semble un peu abusé mais bon, je me dis que ça me plait bien un peu de me laisser guider. Ils nous trouvent après 1000 coups de fil un abri pour dormir : la maison du maire....
Le lendemain, on se remet en route, dès la première côte, mes potes posent le pied à terre et grimpent à pied en poussant les vélos et le midi, Ismahel cherche une camionette car il n'en peut plus, ça me change de la tempête tibétaine!!!. Le soir, on rejoint une ville assez grosse, Sanandaj. Là, c'est reparti pour les coups de fil. On va d'endroit en endroit, mairie, mosquée, stade de foot. Je comprends rien à ce qui se passe, qui ils appellent, où est-ce qu'on va.... Mais je me contente de leur distribuer des biscuits pendant qu'ils s'escriment à trouver un foyer; finalement, ça me plait pas mal de me laisser porter comme ça, de ne pas me prendre la tête à savoir où je vais dormir le soir. Finalement, on arrive dans un grand bâtiment tout neuf qui se trouve être le centre culturel de la ville; un gardien vient nous ouvrir comme s' il nous attendait et nous accompagne jusqu'à une salle de prière dans laquelle on pourra dormir. J'arriverai jamais à comprendre comment on a atterri là et qui ils appellent, je sais juste que le correspondant mystérieux est "Mr Président".
Le lendemain, Adi me dit qu'ils comptent rester quelques jours dans la ville car ils veulent rencontrer des salafistes (les gens de la branche sufi de l'Islam (cf. Pakistan)) et en plus, ils vont monter un petit spectacle pour les enfants pauvres de la ville. Ils me proposent de rester avec eux, j'hésite entre continuer la route qui a l'air sympa car à travers les montagnes ou alors rester avec eux et profiter de tout ça et dans ces cas là prendre un bus pour rejoindre Orumye, je décide de rester en me disant que ça peut être bien sympa.
En fait, c'est surtout l'idée qu'a Ismahel du spectacle qui me fait pencher pour rester; il veut que j'arrive à vélo sur scène, puis que je lise des passages du "Petit Prince" pendant que lui danse et joue de la flûte. Je me dis que je comprends pas bien à quoi il pense mais ça promet d'être un moment bien marrant. Finalement, Mr Président annule le spectacle.... Dommage.
Quant aux salafistes, on ira un soir dans une mosquée pour rencontrer des gens de cette secte mais en fait, ils font rien d'hallucinant, on assiste à une "messe" (je sais pas comment on dit pour l'Islam) tout à fait normale. Enfin, tout à fait normal pour mes potes mais pour moi, c'est hyper intéressant, ça me permet d'observer comment ça se passe; je passe donc un moment hyper enrichissant. En repartant, un des gars nous dit qu'il y a des gars qui desfois se foutent des coups de lame sur la tête et mangent des téléphones portable... Eh merde, j'aurais bien regardé un gars bouffer un portable, mais bon, j'ai déjà vu à la télé un gars qui a mangé un avion en entier donc ça ne m'aurait que légèrement intéressé...
Donc, la mission sufi et le spectacle n'ont pas été très concluants. On en a profité pour se balader en ville et on a fait un bon truc de malade : on a bu une bière. En fait, on se baladait dans le bazar et au niveau du stand des parfums, on a trouvé les dealers d'alcool.
Le système est bien rodé, on leur a filé de l'argent (2.5dollars par bière) et on avait rendez-vous une demi-heure après devant le cinéma. Avec Ismahel, on avait arrêté le taxi, on attendait dans la voiture pendant que Adi attendait devant le cinéma. Un gars en moto est arrivé, a filé rapidos un paquet à Adi qui nous a direct rejoint dans la voiture pour qu'on parte vite fait vers notre piaule et qu'on puisse déguster nos bières (après avoir bien sûr auparavant fermer les rideaux et la porte à clef).... Quelle galère mes amis, pour une bière!
Après ces quelques jours, on a pris un bus qui nous a mis un peu avant Orumye. Les deux lascars ne voulaient pas qu'on les voit arriver en bus car ils étaient attendus.... En arrivant à Orumye, on a été accueilli par une dizaine de leurs potes qui venaient eux en minibus. Je me suis retrouvé dans un dortoir avec les 10 iraniens de Bandar-e-Abbas (sud de l'Iran). Avec Adi et Ismahel, j'avais réussi à instaurer, après moult négociations et palabres, que je payerai ma part quand on allait au resto ou des trucs comme ça, mais avec les 10, je ne faisais pas le poids, il y en avait toujours un plus rapide pour payer. Le premier soir dans le dortoir, je montre mes photos à mes nouveaux potes et le responsable de leur groupe vient me voir pour me dire que je dois aller à l'hôtel.
Je comprends pas bien mais je dis oui car je veux pas qu'ils aient de problèmes à cause de moi. Je descends avec quelques affaires et découvre qu'en bas, il y a le président du festival qui m'attend pour me dire que je suis pas assez "relax" dans le dortoir et que, en tant qu'invité d'honneur, le festival me payait l'hôtel en ville. Mon Dieu, moi, invité d'honneur d'un festival d'art, sils savaient que la plus grande hantise de mes potes, c'est d'être coéquipier avec moi au pictionnary.... Enfin, j'assume mon rôle et je pars en taxi vers mon hôtel.
Le lendemain, après quelques interviews et photos avec les différents présidents (j'ai d'ailleurs bien honte d'être le plus mal sapé: pantalon déchiré, T-shirt dégueu mais bon, c un peu chaud de voyager avec son costar quand on est à vélo), j'ai quand même un peu de temps pour bien apprécier la compagnie des 10 potes qui sont vraiment cools. Adi me dit alors qu'il pense partir avec moi en Turquie, j'ai du mal à être vraiment enthousiaste à cette annonce. Adi est bien cool mais on fait pas du tout le même voyage. Lui, il aime bien faire peu de kms et s'arrêter dans les villes, alors que moi je pensais avancer assez vite et j'évite au maximum les villes pour pouvoir camper. Puis, je me vois mal aller avec lui en Turquie qui sera bien montagneuse, alors que dans la moindre pente en Iran, il posait le pied à terre. En plus, je le préviens que j'aurai pas trop le temps de l'attendre car j'ai rendez-vous le 20 septembre avec Elsa à Damas en Syrie. D'ailleurs, pour ceux qui se demandent ce que va être la suite du voyage, je bifurque après la Turquie vers la Syrie pour rejoindre Beyrouth et surtout ma petite Elsa que j'ai pas vu depuis presque 6 mois. Là- bas, je vais mettre mon vélo au placard et puis réfléchir à qui je suis, où je vais et pourquoi je fais ça et puis par la même occasion, si je peux trouver une solution à la théorie des cordes, ça sera pas mal.
Finalement, je suis parti le 2 septembre en compagnie d'Adi qui malgré mes mises en garde de côtes impossibles et de vitesse moyenne élevée, voulaient tenter l'aventure.
Bon, je crois que j'en ai écrit assez pour aujourd'hui, je suis fatigué et toi aussi lecteur, je me doute que tes yeux fatiguent derrière l'écran, alors va prendre un café et moi je vais aller me prendre un bon kebab pour changer.
Dans le prochain épisode, je raconterai les nouvelles aventures en Turquie.
Enrevoir lecteur, à bientôt.
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27.08.2007
Un gardien, José Garcia, des kurdes, la mafia....
Salut à toi, cher lecteur,
Ca fait un bon bout de temps que j'ai pas donné de nouvelles donc je vais me lancer dans une bonne tartine de nouvelles aventures.
Résumé de l'épisode précédent : lors du dernier épisode, Loic et sa monture avaient rejoint Esfahan, ville dans laquelle il profitait d'un repos bien mérité avant de reprendre l'asphalte pour de nouveaux horizons.
Finalement, le 20, je me suis décidé à quitter Esfahan pour me diriger plein ouest. Les 3 premiers jours de vélo n'ont pas été des plus agréables : vent de face, beaucoup de circulation et région encore assez désertique. Mais encore une fois, les soirées ont été riches en surprises et improvisations. Le premier soir, je m'étais caché dans un lotissement en construction. Alors que je commençais à monter ma tente, j'ai vu qu'un gardien arrivait, je suis donc allé le voir pour lui demander la permission. Il a été bien surpris de me trouver là et il m'a tout de suite dit de dégager. Ce qui m'arrangeait pas trop car il était 18h et le jour allait bientôt baisser, et trouver un endroit pour camper discrètement en plein désert n'est pas le truc le plus facile!
Je l'ai donc un peu supplié puis devant son nouveau refus, j'ai commencé à ranger mes affaires en pleurant et en lui disant qu'on allait m'égorger et me voler toutes mes affaires sur la route. Au bout de 15min d'intolérables lamentations, le gardien a fini par avoir trop mauvaise conscience et il m'a dit de le suivre. Finalement, ce soir là, je ne dormirai pas en tente mais dans un lit dans le local du gardien. Le gars ensuite a été trop cool. Je m'en suis un peu voulu d'avoir fait un tel cinéma mais pas trop longtemps quand même car j'étais fin bien dans mon petit lit.
Le lendemain, j'ai trouvé un super coin sous des arbres à côté de vignes (dommage, j'avais pas assez de temps pour me faire faire une petite bouteille de vin...), j'ai demandé au paysan si je pouvais m'installer là. Pas de problème. Après, 2 gars qui bossaient aussi dans les vignes sont venus me voir alors que j'étais pénard à me faire un petit feu, ils voulaient m'inviter chez eux.
Moi, je me sentais bien tranquille avec mon feu et ma tente déjà montée donc j'ai refusé leur invitation mais ils étaient surmotivés pour m'inviter et j'apprendrais qu'il est bien difficile de refuser l'hospitalité d'un iranien motivé : ils sont donc restés une heure à côté de moi à insister et à vouloir me faire peur avec des histoires de bêtes sauvages. Finalement, ils sont repartis chez eux et j'ai passé une excellente nuit sans bête sauvage!
Troisième soir, je suis arrivé dans une ville dans laquelle j'ai cherché un hôtel car j'étais un peu mort, je voulais être pénard et bien dormir. Un gars m'a indiqué le chemin vers l'hôtel en moto. L'hôtel était en fait un grand dortoir rempli de kurdes (toute une partie de l'Iran est habitée par les kurdes), les mecs étaient trop sympas. J'ai salué je sais pas combien de kurdes... Après avoir pris une petite douche, je suis parti faire la visite de la ville en moto avec Amin (le gars qui m'avait guidé en moto jusqu'à l'hôtel) et Ebrahim (un des nombreux kurdes). Amin parlait un peu anglais donc on a pu un peu communiquer et Ebrahim lui connaît un mot: "go". Ebrahim ressemble un peu à José Garcia dans "la vérité si je mens", c'est un gars vachement nerveux qui arrête pas ou de se recoiffer, ou de me prendre en photo avec son portable ou de me proposer du thé ou alors de dire "Go" pour qu'on aille dans un autre endroit.
Le soir, Amin m'a invité à manger chez lui avec sa mère et ses 3 soeurs, c'était trop bien. J'ai passé une super soirée pendant laquelle j'ai pu découvrir sa famille, des gens hyper ouverts et vachement gentils: je suis reparti les mains chargées de cadeaux...
Le quatrième jour, j'ai quitté l'hôtel, fait la bise à un nombre infini de kurdes, je suis allé dire enrevoir à Amin et je me suis remis en selle. A peu près une heure après être parti, j'ai vu une moto s'arrêter à côté de moi, je tourne la tête et je vois : AMIN! Il me dit que son frère, qui habite justement dans la ville dans laquelle je comptais m'arrêter, l'a appelé pour l'inviter à manger. En Iran, le hasard fait bien les choses... Donc, Amin me dit que son frère nous attend pour manger. Je me retrouve donc contraint (mais bien content) d'accélérer un peu pour faire les 50km qui me séparent de chez son frère. On arrive un peu tard là-bas, toute la famille nous attendait (le frère, sa femme, la soeur de la femme et son mari et les parents de la femme). Je mange comme un ogre et leur explique que je pense prendre le bus pour la prochaine ville : Kermanchah car j'en ai marre de ce vent dans la gueule. Ils me disent qu'en partant tout de suite je peux avoir un minibus qui me conduit jusqu'à la prochaine ville et de là, je pourrai prendre un bus jusque Kermanchah. Hop, je les remercie et tout se déroule comme prévu. J'arrive à Kermanchah vers 23h, des étudiants que j'ai rencontrés dans le bus me guident jusqu'à mon hôtel et c'était parti pour une bonne nuit de repos.
Kermanchah a rien à voir avec les précédentes villes que j'ai visitées : ça se trouve dans le Kurdistan iranien, c'est une grosse ville mais pas touristique du tout. Dans cette ville, j'ai l'impression un peu de me retrouver un peu comme dans les quartiers qu'on peut voir dans les films américains sur la mafia italienne. Ca trafique de partout, il y a pleins de vendeurs de montres, de parfums. Y a des attroupements un peu partout et les mecs savent pas se parler normalement, quand ils se parlent, c'est dans l'oreille de l'autre. Enfin, c'est assez dur à décrire, mais je sens une atmosphère bien mafieuse qui n'est pas pour me déplaire, ça fait un peu Napoli par exemple. Je me suis bien baladé la journée, pas grand chose à voir mais c'était marrant d'observer les gens. Un endroit où je suis bien resté : c'était devant un escalator qui venait certainement d'être installé, des familles entières qui restaient un temps infini à hésiter de quelle manière grimper sur cet engin de malheur avant de se lancer. Un vidéo gag en direct!!!
Enfin, bon, après une journée de repos, je suis reparti sur mon vélo pour des nouvelles aventures. Dans la prochaine note, tu apprendras, cher lecteur, comment j'ai laissé mon vélo de côté pour quelques jours pour me lancer dans le théâtre avec mes compagnons du moment : Adi et Ismahel.
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